Cancer et anticorps monoclonaux : Servier rachète la société « BioRéalités »

BioRéalités, jeune « biotech » française innovante, a annoncé son rachat par Servier. Créée en février 2007, BioRéalités est spécialisée dans le développement d’anticorps monoclonaux dirigés contre un facteur clé du mécanisme de récidive des cancers, dont l’objectif est d’améliorer le traitement de plusieurs cancers dont le cancer colorectal.

BioRéalités détient plusieurs candidats médicaments et un portefeuille de brevets, fruits de 4 années de recherche au sein de l’entreprise et de travaux préalables menés par l’équipe de recherche dirigée par Dominique Joubert et Frédéric Hollande au sein de l’Institut de Génomique Fonctionnelle de Montpellier (unité « mixte » INSERM, CNRS et Université de Montpellier).

Dans environ 80% des cancers colorectaux, une des mutations génétiques provoque la sécrétion anormale d’une protéine particulière. Cette molécule n’est pas décelée chez l’être humain adulte en bonne santé. Dans des modèles animaux, Bioréalités a montré, en utilisant un anticorps monoclonal capable de piéger cette protéine, une réduction de la taille des tumeurs et un meilleur contrôle des récidives. Cette approche thérapeutique, qui agit seulement sur les cellules cancéreuses, permet une approche ciblée de la maladie.

Le Dr Emmanuel Canet, responsable de la R&D au sein de Servier déclare : « Nous sommes fiers de pouvoir ainsi accélérer le développement d’une véritable innovation médicale d’origine française. Notre démarche reflète la volonté de Servier de renforcer notre investissement de recherche dans le domaine des biotechnologies et de trouver des médicaments innovants dans le cancer colorectal. Malgré les progrès thérapeutiques déjà accomplis les traitements actuels ne répondent que partiellement aux attentes des patients, en terme d’arrêt de progression de la maladie, et bien évidemment de survie. »

« L’objectif est de développer un anticorps thérapeutique dirigé contre une protéine cible originale, impliquée notamment dans la régulation des cellules souches tumorales dans le cancer colorectal. D’autres types de cancers pourraient également bénéficier de cette approche », ajoute le Dr Stéphane Depil, en charge de la R&D Cancérologie chez Servier.